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Esther Duflo and Michael Kremer, writing in today's Libération (a sister paper of the FT, published in French), discuss the prospects for an agreement at this weekend's G8 meeting on proposals for an Advance Market Commitment for new vaccines and for an airline solidarity tax.

Here is an unofficial translation from French of the article's conclusion:

As French and American economists working in Africa, we would consider it a tragedy if the internal political games of the G8 put at risk the adoption of these two proposals at this weekend's summit. We hope they will be considered with care, and that the G8 countries will put the interest of the poor before their national vanities and short-term interests. Neither France nor the US would help developing countries by overturning one proposal to support the other (or to prevent its adoption). This could be another example when, as in the African proverb, when the elephants fight, it is the grass that gets trampled.

The full text is below the fold.

Les vaccins en Afrique, otages du G8
Par Esther DUFLO, Michael KREMER
Jeudi 13 juillet 2006

Le sida, la malaria et la tuberculose sont responsables de plus de 5 millions de morts chaque année, surtout dans les pays pauvres. Le développement de vaccins appropriés est sans doute le meilleur espoir pour combattre ces maladies, mais trop peu d'efforts de recherches y sont consacrés. Au sommet du G8 ce week-end, les dirigeants vont se pencher sur la mise en place d'un projet pilote de «promesse de marché», un plan qui pourrait motiver l'industrie à investir les fonds nécessaires au développement de ces vaccins.

L'idée de la promesse de marché est que les pays donateurs s'engagent à aider les pays pauvres à acheter un nombre de doses à un prix déterminé aux compagnies pharmaceutiques qui parviendraient à développer un de ces vaccins. Cette garantie d'un marché pourrait encourager les firmes à engager les efforts de recherches dans ces domaines. La promesse de marché peut être structurée de manière à assurer une diffusion maximale des vaccins une fois développés. Ce mécanisme pourrait sauver un grand nombre de vies si l'industrie pharmaceutique parvenait à des résultats et ne coûterait rien si les vaccins n'étaient pas développés, libérant ainsi ces ressources pour d'autres usages. Ce mécanisme basé sur les résultats, qui a déjà le soutien de l'Italie et du Royaume-Uni, pourrait être le moyen pour les pays du G8 de donner corps à leur désir affiché d'aider les pays en développement.

Et pourtant, il semblerait que la promesse de marché soit prise en otage du débat sur une autre proposition pour aider les pays pauvres : la proposition française d'une taxe sur les billets d'avions internationaux, dont les revenus seraient utilisés pour venir en aide aux pays pauvres. D'après certains articles de presse, les Français refuseraient d'apporter leur soutien à l'idée de la promesse de marché tant que les Américains n'accorderaient pas un soutien de principe à la taxe sur les billets d'avion, dont ceux-ci ne veulent pas entendre parler. Puisque l'une des propositions consiste à lever des fonds, et l'autre à les dépenser, il semblerait pourtant qu'elles soient complémentaires, et non en compétition.

Un terrain d'entente devrait donc pouvoir être trouvé. La taxe sur les billets d'avion pourrait être l'un des moyens pour les pays qui le souhaitent de lever les fonds nécessaires à la mise en place de la promesse de marché. Cette idée n'est pas si éloignée de l'une des propositions françaises, qui est d'utiliser les fonds pour acheter des médicaments contre ces maladies. Les pays qui ne veulent pas participer à la taxe sur les billets d'avion, mais qui veulent participer à l'effort de recherche sur les vaccins contre ces maladies pourraient utiliser d'autres sources pour financer leur contribution au fonds de promesse de marché.

Economistes français et américains travaillant en Afrique, nous considérerions comme une tragédie que les jeux politiques internes au G8 empêchent l'adoption des deux propositions au sommet de ce week-end. Nous espérons qu'elles seront considérées avec soin, et que les pays du G8 sauront mettre l'intérêt des pays pauvres avant leurs vanités nationalistes ou leurs intérêts de court terme. Ni la France ni les Etats-Unis n'aideraient les pays en développement en faisant capoter une proposition pour soutenir l'autre (ou en prévenir l'adoption). Ce serait une nouvelle occasion où, selon le proverbe africain, les éléphants se battent, et c'est l'herbe qui est piétinée.

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